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La maison Manguin : les alchimistes en Provence

L’art de distiller tout en finesse

Jean-Marc Dupont

La maison Manguin est installée sur l'ile de la Barthelasse depuis plus de 50 ans.

Le peintre Henri Manguin, qui fut un des fondateurs du Fauvisme aux côtés de Matisse, Marquet, Vlaminck et Derain, s’éprend de la Provence en 1904 en se rendant à Saint-Tropez.
Il lui sera fidèle tout au long de sa vie. 

Son fils Claude partage la même passion pour cette région chaleureuse, mais lui donnera une toute autre direction : en 1940, il achète une propriété dans l’île de la Barthelasse, entre les remparts d’Avignon et la chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon que réunissait au XIIème siècle le pont d’Avignon « aux 22 arches ».

Il y crée un verger, notamment de poire Williams, et installe ensuite la distillerie en 1957. Son projet est de concentrer en liqueurs et eaux-de-vie les superbes arômes des fruits du Vaucluse et des régions environnantes. Il fait de son eau-de-vie de poire Williams un fleuron présent sur les grandes tables gastronomiques en France comme à l'export.

L’île de la Barthelasse est l’une des plus grandes îles fluviales d’Europe et recèle un terroir de sable et de limons, balayé par le mistral, propice à la culture d’une poire Williams d’exception, gorgée du soleil de Provence.
Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, la distillerie Manguin est reprise début 2011 par 2 amoureux de la gastronomie et des bons vins : Béatrice et Emmanuel Hanquiez.
Béatrice s’investit fortement dans la fabrication, elle met sa passion, son talent et sa sensibilité au service de la création pour donner un nouvel élan à la production, aux côtés de Philippe Manguin, petit-fils de Claude, distillateur-maître de chai de la maison depuis 20 ans.

Poire prisonnère Manguin

La vie de la fameuse Poire prisonnière Manguin débute au printemps. 

3000 carafes et magnums sont fermement attachées aux poiriers, la tête en bas pour résister à la pluie et au Mistral, et les fruits naissants délicatement glissés dans les bouteilles.
Les poiriers sont cultivés en agriculture raisonnée, les poires mûrissent durant l'été, se gorgent du soleil de Provence et sont récoltées mi août, un peu avant maturité et mises en frigo à 0° / 1° pendant quelques jours.
L'indicateur de maturité est le taux de sucre contenu dans la poire. Un indicateur plus artisanal est la pression de la main sur le fruit.

Une fois à maturité, les poires vont être broyées pour obtenir une purée fine. A noter qu'un lot de poires (le n° 47, degré final de la cuvée) va être équeuté et trié à la main, ce qui lui confère une grande pureté dénuée d’astringence.
Cette purée est mise à fermenter (4° d'alcool au final) puis le mou et le jus sont séparés. Ils sont ensuite distillés lentement en alambic charentais traditionnel « à repasse » (2 passes de distillation successives) utilisés à la base pour la distillation du cognac.
De la vapeur d'eau très chaude passe dans les serpentins à l'intérieur de la cuve pour chauffer le jus et le mou jusqu'à 78,3°.
Le tout est ensuite refroidi et on obtient alors le brouillis.

Puis le brouillis est redistillé et on obtient 3 types d'alcool :

  • l'alcool de tête (80°) qui est jeté
  • le cœur de chauffe (entre 55 et 80°) qui est le meilleur et sera utilisé pour produire la fameuse
    « Cuvée n° 47 - Cœur de chauffe » 
  • l'alcool de queue (inférieur à 55°) qui va être réutilisé

Une fois la distillation terminée, les eaux-de-vie vont vieillir au gré des saisons, dans un entrepôt non isolé afin de tirer parti du climat de Provence/Vaucluse, très froid en hiver et très chaud en été qui va favoriser les contractions et dilatations successives de l'alcool, gage de qualité finale.

Depuis 4 ans, Béatrice Hanquiez et son alchimiste, Philippe Manguin, imaginent de nouvelles formules pour tirer la quintessence de la poire, mais aussi de l'olive, des clémentines (corses Bio) ou des framboises sauvages.

Dans leur récente création (Caraxès) Ils mêlent la poire avec d'autres alcools comme le Rhum ambré agricole élevé en foudres de chênes aux antilles (pour les amateurs de Rhum, à gouter de toute urgence !),
ou finissent le vieillissement durant 6 mois en fût de Sauternes (Château Myrat - Grand Cru Classé). Dans la Golden Pear, toute la finesse de la Poire Williams est alors arrondie par une touche de bois aux notes subtiles.

La distillerie est ouverte à la visite tous les samedis matin. Vous pourrez y découvrir sa magie et goûter ses élixirs.

Visitez la page producteur et les produits de la maison Manguin

Bonne dégustation !